mardi 8 mars 2016

La journée des dupes

La journée des femmes est une journée d'endoctrinement. De dressage. De terreur idéologique.

Elle est un volet du programme d'émasculation de l'homme blanc hétérosexuel — et de lui seul — que la majorité de nos féministes mettent en œuvre depuis quarante ans.

La journée des femmes procède de gâtisme, de paranoïa et de lâcheté.

De gâtisme et de paranoïa, car elle se fonde sur le fantasme éculé d'un homme blanc machiste, sexiste, cogneur, misogyne, qui a pourtant disparu depuis longtemps (et qui, quand il existait, relevait de l’exception, contrairement à ce qui a cours dans d'autres civilisations).

De lâcheté, car en même temps qu'elle dénigre (ou stigmatise, pour reprendre l’affreuse terminologie de nos illettrés médiatiques) l'homme blanc hétérosexuel à grands coups de caricatures et de sarcasmes, elle reste muette sur le véritable machisme contemporain, celui des « quartiers ». Par un silence obstiné autant qu’odieux, elle maintient un voile pudique, c'est le cas de le dire, sur la condition des femmes dans les banlieues.

A la journée des femmes, on n’entendra donc pas évoquer les tournantes, ni ces femmes qui se voilent pour que leurs fils ne se fassent pas traiter de « fils de pute », leurs filles de « filles des caves », et elles-mêmes de « putes » (ou, pire, de « Françaises »).

A la journée des femmes, on  n’entendra pas évoquer les 230 viols commis quotidiennement en France (dont le quart par des mineurs), ni le laxisme monstrueux qui en est à l'origine.

A la journée des femmes, on  n’entendra pas évoquer les lois Dati et Taubira (deux femmes...), qui permettent chaque année à 500 violeurs condamnés de ne pas passer par la case prison. On n’entendra pas non plus évoquer les aménagements de peine devenus quasi-automatiques, par la grâce desquels un violeur récidiviste peut se réinstaller après six mois d’emprisonnement à 150 mètres de sa victime. On n’entendra pas évoquer ces joggeuses violées et assassinées par des multirécidivistes libérés conditionnellement pour la vingt-cinquième fois parce que, cette fois, ils ne présentaient « aucun risque de récidive ».

A la journée des femmes, on  n’entendra pas évoquer la légion d'honneur décernée la veille de la journée des femmes par notre Président (lui-même interviewé par Elle la veille de la veille de la journée des femmes) au prince héritier saoudien, défenseur bien connu de la cause des femmes.

A la journée des femmes, on  n’entendra pas évoquer les victimes des viols de masse de Cologne, Hambourg, Stuttgart, Düsseldorf, Helsinki, Zurich, encore moins le profil de leurs agresseurs, encore moins leur religion.

A la journée des femmes, on s'obnubilera sur des débats retardataires et d’une futilité culminante, on se scandalisera de l'inégale répartition des tâches ménagères, on caquettera d'indignation à propos de la prétendue invisibilité des femmes dans la société, on glapira contre le terrible sexisme qui sévit dans les manuels scolaires, on fulminera contre la sous-représentation des femmes dans les conseils d’administration, on luttera héroïquement contre Blanche Neige (qui véhicule des stéréotypes sexistes), on se battra pour la suppression du titre « Mademoiselle » des formulaires administratifs, on exigera le licenciement des hommes qui félicitent leur collègue pour sa robe, on obligera les pères à devenir des mères comme les autres, des papas kangourous qui font gouzou gouzou et donnent le sein. Avec pour seul objectif de castrer l'homme blanc hétérosexuel (incarnation supposée de l’immonde civilisation judéo-chrétienne), d’en faire un pleutre insipide qui ne sait plus défendre ses femmes.

Fini, donc, le prince charmant monté sur son destrier qui vient libérer la princesse ; place au morveux monté sur trottinette qui détale comme un lièvre au moindre danger. Et laisse le champ libre aux pires barbares. Belle victoire des féministes. Pendant qu’elles s’acharnaient sur un ennemi imaginaire, et détruisaient un modèle de relations entre hommes et femmes d’une rare subtilité, elles consentaient par leur silence à la montée en puissance d’un système phallocrate, relevant d’une conception abjecte de la femme, et déployant contre elle une violence extrême. Mais bon, ne soyons pas rabat-joie, et entonnons la propagande officielle : la condition des femmes a vachement progressé en quarante ans. Toutes les femmes de banlieue vous le diront, celles de Cologne et de Stockholm aussi. Nous pouvons remercier les féministes. Elles ont fait du bon boulot. Comment disait Lénine, au fait ? Ah oui : idiot(e) utile.

1 commentaire:

  1. Excellent
    le temps va faire son œuvre et ce texte plein de bon sens pour qui le pratique encore (le bon sens) deviendra une évidence même pour les plus fervents défenseurs de la diversité heureuse.

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