jeudi 27 avril 2017

Marche funèbre


« Il faut toujours marcher avec son temps, même si le temps ne va nulle part. »
Bernanos

Les zombies sont En Marche. Ils arrivent. Plus que deux petites semaines, et ils investiront l’Elysée. Alors, ce sera parti pour la méga zombie-party. Une zombie-party de cinq ans, qui achèvera de zombifier la France et les Français. Après quoi chacun retournera dans son tombeau. Et la France sera morte.

Mais n’anticipons pas : pour le moment, les zombies sont En Marche. C’est The Walking dead version française. La marche des crevés. Ce n’est pas tout à fait « Marche ou crève » ; c’est « En Marche et crève ». Et c’est la même chose.

Le défilé des morts-vivants s’est mis En Marche. Avec en tête de cortège Macron et son sourire de tête de mort. Pour le moment, le bataillon est encore en ordre dispersé. Certains sont à la traîne. Il faut dire qu’ils n’ont plus l’habitude, de cavaler comme ça ! Robert Hue, par exemple, commence seulement à s’extirper de son cercueil. On voit apparaître son petit collier de barbe… Ah ! Le voilà ! Il se frotte les lunettes… n’en revient pas d’être revenu à la vie. Bonjour papa Noël ! Bienvenue en 2017 ! Allez, En Marche ! On compte sur toi, hein Robert, pour nous apporter du sang neuf ! Car n’oublions pas : Le changement renouvellement, c’est maintenant. Avec Robert Hue.

Plus loin, on aperçoit Pierre Bergé. Lui aussi semble avoir quelques difficultés à marcher. En Marche, d’accord, mais mollo. Il faut dire qu’à 86 balais, avec une vie aussi remplie, le fessier ne répond plus tout à fait comme à vingt ans. Mais enfin, il est là. Radieux. Rayonnant. Débordant de cette joie de vivre si communicative, et si caractéristique du progressiste. Il tourbillonne, Pierre Bergé, il virevolte, il pétille ; et puis surtout il respire la gentillesse. Pierre Bergé, c’est une publicité « vivante » pour le progressisme. Une fois qu’on l’a vu, et qu’on l’a écouté, on ne peut plus douter : le progressisme, c’est bienveillant et fraternel.

Au premier rang du défilé, la grosse tête de Bayrou vient d’apparaître. Elle emplit tout l’espace. Le cameraman essaie de dézoomer au maximum. En vain. Bayrou, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt En Marche. Mais c’est surtout un gage de renouvellement. Il est donc là, placide. Il a toujours été là. Il a toujours été placide. Hermétique à toute émotion. C’est à se demander s’il a même poussé un cri à la naissance. Mais enfin, il est là. A quoi sert-il ? On le découvrira peut-être un jour. En attendant il fait des phrases. Aussitôt oubliées qu’elles sont prononcées. Il dit une chose, puis son contraire. Ca l’occupe. C’est sa vie.

Derrière notre Bayrou à front de taureau, Jacques Attali trépigne, s’agite, s’excite. Il essaie d’exister. Désespérément il brandit son 358ème livre — que dis-je, son 358ème chef-d’œuvre. Qui nous annonce une fois de plus des tas de choses qui n’arriveront pas. Peu importe : notre boussole qui indique le Sud tient à le vendre, son foutu bouquin. Il trouve qu’il n’a pas encore gagné assez de fric.
Hé ho, les caméras ! Par ici ! J’ai un livre ! Un livre passionnant ! Un livre prophétique ! Comme tous les autres ! Car j’ai fait Polytechnique, moi ! Je suis donc très intelligent, et je sais ce qui est bon pour les gens ! Je sais, moi, ce qui les rend heureux ! Quarante ans que je m’y emploie, à les rendre heureux ! Par pure philanthropie ! Par pure charité (en amassant quand même quelques millions d’euros au passage) ! Voyez le résultat ! A commencer par moi ! Voyez comme je rayonne ! Comme je resplendis ! Voyez comme le progressisme me réussit !
Pour être honnête, il tire plutôt une trombine morose, en ce moment, Jacques Attali. Mais pas d’inquiétude : c’est juste qu’il est dans sa phase « artiste maudit ». A 73 ans. Bon, d’accord, normalement, ces délires narcissiques, c’est plutôt vers 20 ans ; mais on ne peut pas être précoce en tout.
Pour bien faire « artiste maudit », Attali s’est laissé pousser une barbe. Méticuleusement négligée. Puis il a foutu des fringues trop grandes. Et puis il prend des airs sombres, mystérieux. Tourmentés. Avec tout ça, il faut le croire : c’est un mystique, le père Attali.
Un haut-fonctionnaire mystique.

Et un artiste maudit. Un artiste maudit qui préside une société de conseil en stratégie internationale.
Et un ascète. Un ascète millionnaire.
Et un solitaire. Un apparatchik solitaire.
Et un ermite. Un ermite qui a ses entrées partout, un carnet d’adresses épais comme un dictionnaire Français-Chinois, et le plus grand réseau du monde.
Bref, c’est un homme authentique, le père Attali. Tout sauf un imposteur.
Et surtout, Attali, c’est la garantie du renouvellement : il y a 43 ans, il dirigeait la campagne présidentielle de François Mitterrand (mort il y a 20 ans). C’était en 1974. Macron n’était pas né.

Dans le lointain, d’épaisses volutes de fumée laissent deviner le profil du destructeur débonnaire Cohn-Bendit. Toujours aussi élégant, toujours aussi profond qu’à vingt ans. N’ayant jamais douté de lui, il radote ses éternels slogans. « Il est interdit d’interdire ! » « Jouissez sans entrave ! » Il tourne en boucle, il n’en sort pas. Pas de doute : avec ce nihiliste dodu, on sent que le renouvellement arrive au pas de charge.

Le renouvellement, le sang neuf, l’esprit d’innovation, c’est aussi Gérard Collomb, 70 ans. Dont 40 ans au Parti socialiste. Et Bernard Kouchner, 77 ans. Ministre de Jospin et de Fillon. Et tous les notables du PS qui s'agitent en ce moment pour se recaser. Et aussi Estrosi le grand modeste. Et Raffarin. Bref, la crème de l’anti-système.
Non, décidément, y a pas à dire : le vent du renouvellement souffle fort, dans les rangs de Macron ! Le sang neuf y abonde ! La fougue de la jeunesse l’anime !

Lors d’un meeting, Macron a déclaré qu’il se trouvait « christique ». Certains ont cru malin de rigoler. De se moquer. D’y voir une énième manifestation de sa mégalomanie. De son prodigieux narcissisme.
Ils avaient tort. D’abord parce qu’il est très déconseillé de rire de quelqu’un qui ne rit jamais — or qui a déjà vu Macron rire, je veux dire d’un rire franc, chaleureux, bienveillant, et non de ce sourire de tête de mort qu’il arbore en toutes circonstances ? Et puis surtout parce que Macron a bel et bien une dimension christique. En effet, il ressuscite les morts. Il fait revenir à la vie les cas les plus désespérés. Et ce, à une cadence bien plus effrénée que le Christ. Macron, c’est la résurrection passée au stade industriel. La résurrection à flux tendu. Et — miracle supplémentaire — il parvient à faire passer ce recyclage de ce que le monde politique compte de plus ringard, de plus gâteux, de plus mort, pour un gage de renouvellement. Avec un culot inouï, il présente sa marche des notables comme la quintessence de l’antisystème. Et ça marche. Macron a réussi le miracle de créer ce personnage antinomique : l'apparatchik antisystème. Certes, on savait bien, depuis Goebbels, que « plus le mensonge est gros, plus il passe ». Mais en l’occurrence, ce principe ne suffit pas à expliquer le succès de Macron. Non, même les incrédules doivent se rendre à l’évidence : l’escroquerie Macron relève du miracle.

Quoi qu’il en soit, c’est donc avec cette équipe de revenants que Macron va gouverner.
C’est auprès de Robert Hue, de Daniel Cohn-Bendit, de Bernard Kouchner et de Jacques Attali qu’il va prendre conseil. Tous ces gens qui ont mené la France à l’abîme ; tous ces gens qui ont mis la France non pas en marche, mais à genoux ; tous ces gens qui sont comptables du désastre économique, sécuritaire, identitaire, civilisationnel dans lequel la France s’embourbe depuis quarante ans, tous ces fléaux vont se voir offrir cinq ans de plus pour achever leur œuvre destructrice.
Mais ce n’est pas tout. Tendez l’oreille… Non, vous n’entendez pas ? Vous n’entendez pas les hennissements de Ségolène Royal ? Ni Manuel Valls piaffer ? Ni Marisol Touraine rouler ses gros yeux de cheval fou ?
Vous n’entendez donc pas ? Toute l’écurie gouvernementale des ces cinq dernières années qui s’ébroue ? Tous les vieux chevaux de retour du hollandisme qui trépignent ? Prêts à repartir pour un tour ?
Vous n’en vouliez plus ? Vous les aurez tous ! Allez, Krikri Taubira, en piste ! Valls, à la suite ! Par ici Ségolène ! Tiens, Jean-Marc Ayrault ! On t’avait presque oublié, toi ! Comme on se retrouve ! Najat, à toi ! Et Laurence Rossignol ! Toujours aussi modeste et compétente ! Viens par ici ! Ah, quel plaisir de revoir toute la dream-team du quinquennat Hollande ! L’antisystème au grand complet ! Tout ce sang neuf ! Car mettez-vous bien ça en tête : Le changement renouvellement, c’est maintenant ! Ah, on va bien s’amuser ! Ah oui alors, qu’est-ce qu’on va se poiler, cinq ans de plus en leur compagnie ! Nous sortons de deux quinquennats de cauchemar ? Et alors ? Ne dit-on pas Jamais deux sans trois ! Allez, c’est reparti !
Toutes ces gueules que vous ne pouvez plus voir en peinture, vous les verrez tous les jours pendant cinq ans à la télé, dans vos journaux, sur tous vos écrans ! Cinq nouvelles années de parler-mutant, de langue de bois insupportable, cinq nouvelles années d’inaction, de condamnations les plus fermes des attentats, cinq nouvelles années de lutte contre l’islamisme à coups de stop-djihadisme.gouv.fr.
Pas de doute : avec le nouveau régime Macron-Attali-Kouchner-Taubira-Valls-Belkacem, la France sera belle, dans cinq ans. Plus d’islamisme, plus de communautarisme, plus de délinquance. La France sera remise sur les rails. L’avenir s’annoncera radieux. Et nos enfants nous remercieront.

Oui, nos enfants nous remercieront pour notre lucidité et notre courage, en ce 7 mai 2017. Ils nous remercieront pour notre résistance à la propagande, aux intimidations, à la terreur intellectuelle. Ils nous remercieront pour avoir gardé intact notre discernement, au beau milieu la tempête médiatique. Surtout, ils nous remercieront pour notre capacité à nous projeter dans l’avenir ; à anticiper les conséquences de nos choix…
Quel beau futur pour eux, grâce à nous !

Eric Zemmour a écrit un livre intitulé Le suicide français. Il ne croyait pas si bien dire. Cela dit, une fois n’est pas coutume, il me semble qu’il commet dans cet excellent livre une erreur d’analyse. En effet, il y soutient l’idée que les élites mènent le peuple au suicide contre sa volonté, pour ainsi dire malgré lui. D’après Eric Zemmour, le peuple ne veut pas mourir. Le peuple résiste. Le peuple est rétif.
J’ai longtemps souscrit à cette hypothèse. Mais l’issue annoncée de cette présidentielle la dément de la manière la plus claire : avec un peuple rétif, Macron ferait 5%. Pas 60. A fortiori quand ledit peuple se voit offrir une occasion unique de mettre un terme au cauchemar qu’il vit depuis quarante ans. Oui, une occasion unique car dans cinq ans, sous les effets conjugués des dynamiques migratoires et des lois de naturalisation votées durant le prochain quinquennat, ceux qui veulent sauver la civilisation française seront devenus minoritaires. Autrement dit, le sauvetage de la civilisation française sera devenu impossible. Du moins par les voies démocratiques…

Mais les Français rejettent cette chance unique, incarnée par Marine Le Pen.
Cette femme qui veut mettre fin à l’impunité des racailles et protéger les honnêtes citoyens, ils la méprisent. Sans savoir pourquoi. Sans jamais l’avoir écoutée. Par simple mimétisme. Par pur conformisme. Parce qu’en 2017, il apparaît moral et humaniste de reprendre à son compte, sans le moindre examen, les caricatures ignobles déversées sur une femme.
Cette femme, donc, qui entend livrer une guerre sans pitié aux islamistes qui veulent égorger nos fils et voiler nos filles, les Français la rejettent et l’insultent.
Cette femme qui est prête à donner tout son temps, tout son talent, toute son énergie, toute sa vie pour protéger les Français, ils lui crachent au visage et la traitent de fasciste.

Quarante ans de haine de soi ont porté leurs fruits : le peuple français en est arrivé à un tel point de détestation de soi, qu’il déteste ceux qui veulent le sauver. C’est le syndrome de Stockholm. Les Français se sont habitués à leurs bourreaux. Ils ont fini par les aimer. Par approuver leurs humiliations. Par les réclamer, même.
Les Français ne veulent plus qu’on leur relève la tête.  Ramper leur va bien. Lentement, un sourd désir de disparaître s’est insinué en eux. Il est là, maintenant. Ancré. Irrémédiable. Le nihilisme a triomphé.

Les Français sont dévitalisés. Ils n’ont plus l’envie, ni la force nécessaires pour refermer la parenthèse mortifère des quatre dernières décennies, et renouer avec quinze siècles de gloire. L’histoire de France est finie. Elle s’arrête là. La victoire annoncée de Macron est la preuve éclatante de ce refus de vivre. De cette abolition chez les Français du plus élémentaire instinct de survie.
C'est fini. Hollande a mené les Français au bord du précipice. Et ils répondent En Marche.

18 commentaires:

  1. Ha ha ha !, très bon article. Preque tout est drôle.
    La fin est tragique et réaliste.

    Mais s'il vous plaît, permettez-moi plus bas de vous donner une voie possible d'espoir:

    En France, en particuler en ville, les habitants sont mélangés et présentent des origines diverses, de toutes les couleurs, et ceci dans toute la société, dans tout notre environnement, au travail, chez l'épicier, au garage, mon voisin bavard, les amis de mes enfants, le policier du coin, le postier sympa, le conducteur du bus qu'on reconnaît, le boulanger d'à côté, les bons collègues de travail, l'infirmière de nuit, l'interne qui me recoud, et même le mendiant habituel devant le tabac, tous, tous ces profils usuels présentent un point commun: ils sont d'origines diverses, de toutes les couleurs et en verité souvent majoritairement d'origine africaine, que ce soit du nord, centrale, sub tropicale, ...

    Alors maintenant vous prenez un français moyen d'origine européenne (je veux dire blanc de peau) qui vit dans ce milieu, qui lutte pour son travail, sa famille, qui a ses soucis variés, et vous lui dîtes: "Affirme ton vote Front national"

    S'il revendiquait haut et fort (et même tout discrètement) une telle appartenance, ce serait très dur pour lui dans son environnement quotidien, ce serait une brisure avec ce quotidien , un isolement, un éloignement forcé, le pestiféré fasciste du coin etc. Et notre brave homme n'a pas envie de cela.

    La vérité est ainsi.

    Mais ...... paradoxalement, j'affirme que si Marine Lepen s'appelait Moufida El Kalek, et Gilbert Collard Akim Bakayoko, et ajouter à cela un bon quart des membres du FN coloré, et tous défendant très identiquement les mêmes idées que le FN actuellement, oui j'affirme que ce parti serait alors quasi majoritaire en voix dans le pays et cela pour la simple et bonne raison que le français ordinaire quel qu'il soit n'aurait plus la crainte de se couper de son voisinage humain quotidien, de son milieu, de passer pour un raciste, pour un fasciste refoulé s'il votait pour Moufida

    De plus toutes les attaques sur le FN l'affirmant parti raciste deviendraient de facto caduques.

    Si donc j'étais stratège au FN, je tenterais de recruter parmi toutes ces 'minorités visibles', qui d'ailleurs montreraient du courage en y adhérant, et seraient ainsi des personnes de confiance et de qualité, et il y en a beaucoup qui viendraient, car eux aussi en ont assez de la chienlit qui les entoure et sont peut être plus enclins à juger de la chance qu'ils ont d'habiter en France que les autres.

    Et puis le FN se veut représenter le peuple, qu'il le montre clairement.

    On arriverait donc à cette chose extraordinaire, ce serait en partie grâce à tous ces français représentant une vraie image du peuple que le pays pourrait se redresser et revenir sur ses rails avec quelques idées de bon sens.

    Extraordinaire pirouette de l'histoire qui méduserait et laisserait sur le carreau la fameuse oligarchie bien pensante, très propre sur elle, et très faussement humaniste le plus souvent.

    Cela fait rêver, la voie est intéressante et pas si irréelle, car en toute logique c'est ce qui devrait finir par arriver.

    "La France éternelle" écrivait de Gaule, qui n'écrivait pas à la légère et s'y connaissait en matière de prophétie.

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    1. Vous savez, Marine Le Pen est arrivée en tête outre-mer... Mais les gens y tiennent, à leurs clichés. Par conformisme, par paresse intellectuelle,et par fierté; dur en effet d'admettre qu'on s'est fait manipuler si gravement, et si longtemps...

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  2. "Hollande a mené les Français au bord du précipice. Et ils répondent En Marche."
    Je dois reconnaître que là c'est très bon.

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  3. Non!nous ne nous coucherons pas devant Macron,les patriotes s'organisent depuis un bon moment.

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  4. Macron ne rit jamais d'un rire franc. Mais moi, j'ai eu un bon fou rire en lisant votre description de la marche des zombies et je vous remercie. En cette période morose ça fait du bien. L'espoir est bien mince, mais gardons l'humour et le goût des belles-lettres !

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  5. Mosaïque de peuplement là ou le chômage domine,je peux vous assurez qu'il en est tout autrement..banlieue de Nancy,pas très grande,discussion entre moi,mon rendez-vous galant,un vigile ou police de proximité ( je condense au maximum la conversation. Une forte impression d'air réellement insalubre,malsain,se dégagera de cet énième rendez-vous): moi avec le policier : cela ne se fait plus cette tradition d'électroménager volants par les fenêtres ? Lui,non non « ils sont passés a autre choses» ma galante d'enchaîner: mais il y a une voiture qui a cramé il y a une ou deux semaines !? Lui perplexe..oui oui..sans plus expliquer.
    Plus loin dans la discussion,elle : oui,mon fils connaissait ce jeune tué d'un coup de couteau pour une histoire de clope ( a l arrêt de bus,ou tram,je sais plus,six mois en arrière ce fait)
    Ah j'oubliais,pour trouver l'endroit précis de ce rendez-vous,google maps donc,a la sixième réponse que Google donne je lis ceci : meurtre crapuleux d'un responsable magasin de ce lieu,de deux ans antérieurement a la date ou je m'y rend,il y a deux ans de cela. Eeeeh suis-je bête! Autre « galanterie» de ma part! Il y a un mois,je suis retourné dans une banlieue mosaïque de la même ville,autre lieu,a l opposé quasiment de celle font je narre l anecdote,je retiendrais cela de cette pauvresse « lorsqu'il fait sombre,nuit,hors de question de sortir pour promenade»
    Ça me fait penser a un sketch de Dupontel ou il dit d'un ton,manière,badine « le criminel qui vous plante sa lame etc», on peut juger que la violence latente s'est a ce point banaliser qu'elle est une norme,parmi les mosaïques.
    UnLorrain--------» retardataire a s'être mis a jour concernant sa carte d'électeur..le suffrage de sa conscience ( un tueur chez Bloy) ira,cela va sans dire,envers la blonde Maman.

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  6. Voilà de quoi alimenter votre feu:
    Avril 2017 : Roland Dumas : "Le FN c'est une rigolade ! La menace Le Pen, on a fait voter tous les socialistes comme des couillons pour Chirac": http://www.dailymotion.com/video/x5k1z0q

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  7. Vos chroniques sont brillantes et inspirées, non dénuées d'excès parfois. Elles disent une vérité que les français ne peuvent appréhender pour diverses raisons (lâcheté, indifférence, "soumission", résignation, aveuglement et que sais-je encore).

    Mais je ne comprends pas que vous ne perceviez pas une évidence : Marine Le Pen n'est pas la bonne personne pour défendre vos convictions. Pourquoi défendez-vous ardemment un si grossier personnage, fille de son père, qui dévalue les idées auxquels vous croyez au lieu de les promouvoir ?

    Pour porter des idées qui ne sont pas dans l'air du temps, il faut une personnalité autrement plus fine que Marine Le pen qui a saboté toutes ses chances lors d'un débat crucial où elle s'est montrée lamentable face à un adversaire faible pourtant.

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    1. Qui, sinon ? Sur le plan de l'efficacité politique, j'entends...
      Sachant que notre problème n'est qu'accessoirement politique : c'est un problème de civilisation. Par conséquent, même si nous effectuons les bons choix politiques, la tâche restera colossale. Si nous voulons perpétuer notre immense civilisation, il ne suffira pas de "bien voter" et de laisser bosser ceux que nous aurons élus : nous ne pourrons faire l'économie d'une remise en question individuelle de toutes les pseudo-valeurs contemporaines.
      Enfin, si vous avez raison de souligner le terrible fiasco de ce débat, je suis en désaccord sur votre généralisation : j'ai de manière générale une grande admiration pour Marine Le Pen, sa personnalité, sa lucidité, son courage, et ses extraordinaires qualités de repartie (qui, il est vrai, lui ont tragiquement fait défaut à ce dernier débat).

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    2. J'apprécie beaucoup votre réponse (sa finesse mais aussi la fidélité que vous vouez à celle que vous admirez qui en effet a un certain courage).
      Je partage l'avis d'un autre de vos admirateurs : vous devriez écrire un livre ! Je vous l'ai déjà suggéré lors d'un post sur le Figaro. IL vous suffirait de reprendre toutes vos chroniques qui me font penser à HOULLEBECQ, FINKIELKRAUT ("l'imparfait du présent", si beau titre) et BAUDOIN DE BODINAT trois auteurs différents mais qui, comme vous, sont extrêment lucides et doués.

      Merci en tout cas pour ce blog que j'ai découvert par hasard. Je suis très admirative et très fidèle.

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    3. Merci infiniment. Pour ce qui est de publier un livre, j'ai fait quelques recherches, et je peux vous dire qu'aucun éditeur n'est prêt à assumer ma liberté de ton et de propos. Mais des commentaires si touchants sont déjà une très belle récompense. Merci encore.

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  8. Je viens de mettre votre diatribe en "favori" afin de garder sous la main un exemple de tsunami de haine. Mais vous avez un sérieux concurrent en Ruffin.

    http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2017/05/04/francois-ruffin-lettre-ouverte-a-un-futur-president-deja-hai_5122151_3232.html

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  9. Bonjour, merci pour cet excellent billet. Vous êtes un vrai polémiste, je vois qu'un lecteur parle de "tsunami de haine", ce qui montre qu'en effet nous avons quitté la France pour autre chose, un autre monde où il y a ceux qui "aiment et sont tolérants et lisses" et qui peuvent se permettre de juger les autres, grâce à cette fameuse "haine" qui se décline aussi en "phobie" et qui permet de disqualifier d'emblée celui qu'on ne veut pas entendre et aussi à qui on ne sait pas répondre.


    Je dis que cela montre que nous avons quitté la France en effet, quitté l'histoire comme l'écrivait Muray, qui voyait déjà la fin de l'histoire dans l'homme en rollers. Quant à moi lors de l'attentat de Charlie Hebdo puis du Bataclan je me suis dit que nous allions être obligés de re-rentrer dans l'histoire: les réactions qui ont suivi m'ont montré que j'avais sous-estimé l'état de mort des Français, de mes compatriotes. Tout plutôt que ce qu'on appelle "haine", vocable sous lequel on peut entendre aussi bien une vraie "haine" (un sentiment bien naturel, on peut haïr qqn, d'ailleurs ces gens qui vous accusent de haine vous haïssent en effet) que le fait de ne pas aimer qch ou qqn, de préférer un style de vie à un autre, de regretter le temps passé, de vouloir bâtir des citadelles à l'abri de la marche du monde, ou simplement d'aimer son pays, d'avoir du respect pour sa patrie ou même son Dieu: cela est considéré comme normal chez tous les autres peuples, respectable, mais considéré comme de la "haine" chez les Français. Oui l'homme en rollers, sorti de l'histoire, en voie de sortir de la chair et du corps (euthanasie, avortement, procréation en dehors de la loi des corps), a bien gagné. Nous sommes en effet dans "1984", nous sommes les gueux qui nous baladons dans l'ombre des ministères sans oser plus parler ou rire de quoi que ce soit, faire une quelconque incartade, de peur d'être emmené en prison, d'être relégué loin des gens "bien".

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  10. Personnellement j'ai eu une prise de conscience avant vous. Enseignante, je suis arrivée en lycée comme professeur de français avec l'idée que ma matière, la reine des matières, allait aider les élèves à devenir plus eux-mêmes, à se sentir membres d'une belle civilisation (et même à unir chacun, venant d'horizons divers, dans la civilisation française), à penser librement, à devenir créateurs.


    J'ai fini éreintée. On m'a obligée à relever des notes, directement dans l'ordinateur, pour que les statistiques de réussites au bac soient respectées: après la commission du bac après que tous les professeurs avaient évalué les élèves et mis leurs notes, nous nous sommes réunis et, au cas par cas, avons décidé de remonter telle note ou telle autre, un peu au hasard, pour aboutir à la bonne moyenne: l'élève a finalement eu entre les mains un bulletin trafiqué. Et par moi. Mais il a eu son bac.

    On m'a obligée sous la pression d'un seul parent à enlever toute une colonne de notes pour un devoir raté: eh oui, dans l'enseignement privé, les parents paient, donc ce sont des clients, pas vrai?

    Un élève qui n'a jamais rien fait de l'année, a accumulé les zéros, est passé en 1e S contre l'avis du conseil de classe: sa mère est allée supplier le directeur.

    Enseigner les lettres? Vous n'y pensez pas. Il faut simplement suivre un programme. Essayez de proposer qch qui sort des clous... vous comprendrez le problème. Seules les "grandes gueules" arrivent à résister. Les autres la ferment, vite fait. Ou partent, s'ils trouvent un autre job. J'ai personnellement suggéré qu'on réintroduise les leçons de grammaire en primaire: j'étais une espèce de fasciste. J'ai également posé la question des cours de catéchisme dans l'enseignement privé catholique: je pensais que ça aurait été une bonne idée de les rendre obligatoires pour tous afin que les élèves d'autres religions puissent au moins connaître la religion chrétienne (il paraît qu'il faut évangéliser: comment faire si les seuls élèves du caté sont les chrétiens déjà convaincus?). Oh là, que n'avais-je pas dit. J'ai aussitôt été suspectée de ne pas aimer les musulmans, on m'a fait la leçon sans m'interroger: mais enfin madame, Jésus, lui, aimait tout le monde.


    J

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  11. e me suis rendu compte que j'avais en face de moi des gens, pourtant aux manettes de l'enseignement privé, qui n'avaient qu'une connaissance très limitée à la fois de la culture française mais même des questions éducatives ou des livres écrits par des intellectuels sur le sujet: ils sont "formés" par le diocèse et cela leur suffit. Ils ne se cultivent pas eux-mêmes. Moyennant quoi je maîtrisais beaucoup de sujets d'actualité mieux que mon propre directeur, et certains points sur des recherches historiques récentes mieux que mes collègues d'histoire-géo. Mes collègues d'anglais étaient étonnées de me voir lire en anglais. Bref... des gens pas ou peu cultivés, et pourtant chargés de transmettre la culture française. Autant vous dire que ça ne passe pas, que rien n'est transmis du tout. les élèves n'ont aucune idée de ce que c'est vraiment que l'amour de la langue française, que le style français, que les poètes français, ou même que la langue française, et même encore de l'histoire française.


    Parlez-en aux parents et eux-mêmes vous diront que vous avez ptê raison mais qu'ils s'en foutent un peu tant que leur enfant trouve un job plus tard. Le français ce n'est pas bon pour former l'esprit et l'âme... c'est bon pour avoir son bac de français.


    Des gens sans culture, je le dis d'autant mieux que j'ai baigné autrefois dans un monde cultivé, auprès de personnes cultivées, celles de la génération d'avant, de mes pères. Une culture et une courtoisie - cela allait ensemble, en France, vous vous souvenez? - que je ne retrouve presque plus chez mes contemporains (je suis de la même génération que notre nouveau président).


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  12. Oui, cela a disparu. j'ai pris acte. J'ai longuement réfléchi. Cela n'est pas facile... J'ai fait sortir mes enfants du système, prenant acte du fait que la société dans son ensemble avait fait ce choix, que cela plaisait en effet aux gens. A quoi bon continuer à se battre? Les gens ne vous comprennent pas... Les moins décérébrés sont tout au plus intéressés par vous. Au moins mes enfants connaîtront-ils leur latin, leur histoire de France, leur grammaire, leurs classiques. Au moins liront-ils Molière, qui paraîtrait aujourd'hui, reviendrait-il à la vie, comme particulièrement "plein de haine" aux yeux de nos contemporains. En effet, une des caractéristiques de notre grand et cher esprit français était une liberté de ton, un style caustique, un goût pour se moquer des grandeurs, ah! cette belle liberté, ce panache!!! Nous n'en avons plus le courage. Nous n'en sommes plus dignes, donc plus dignes probablement de nous appeler "Français", qui veut dire "libre" et "noble": nous ne sommes plus ni l'un ni l'autre. Le plus grand titre de gloire est d'être lisse.


    En art cela est pareil car dans quelque secteur que ce soit, ceux qui tirent les ficelles, qui sont décisionnaires ou qui ont de l'argent, soit n'ont aucune culture (cela est connu dans le monde dit de la "culture" dans l'administration), soit ne veulent que des oeuvres qui entrent dans la ligne de "l'homme en rollers": la provocation, oui, mais à sens unique. Juste pour pisser sur le Christ ou lui déféquer à la figure, ou pour parler de c*l, ça oui. ça, ça va. Et ça permet ensuite de prendre une posture moralisatrice et supérieure vàv de ceux qui n'apprécient pas: ringards! abrutis!!!


    Dans le monde des soi-disant lettrés, y compris ceux qui étudient encore Pascal ou Chateaubriand, même chose: les mêmes paroles, les mêmes analyses, pas ou peu de création. Rien ne dépasse. Oh bien sûr il y a des lieux de grâce. Mais peu.


    Quant à moi ma foi n'est pas assez solide. Comme vous j'ai tout vu disparaître. Mon pays n'est plus mon pays et il ne protège plus mes enfants. Je n'ai le droit de rien dire. Je dois lutter comme tout le monde pour garder mon job, c'est tout. j'essaie aussi de transmettre un peu du monde d'avant à mes enfants, cela marche si l'on n'a pas la télévision et qu'on achète les anciens livres: assez vite les enfants acquièrent une intelligence solide et voient sans difficulté lequel des deux mondes rend véritablement libre et heureux. La difficulté est de les rendre dans le même moment aptes à vivre dans le monde qui sera le leur demain, aptes à s'y faire une place, aptes à le comprendre, et si possible aptes à y aimer leurs contemporains - mais gare! dans ce monde nouveau, la courtoisie n'est plus de mise, le mensonge est présent partout, et les chevaliers ne sont pas légion.


    Je pense que s'il y a un sursaut c'est par l'art qu'il doit venir (j'y contribue personnellement) mais c'est très compliqué car dans les rangs de "droite" bien peu de gens sont vraiment artistes... et puis ce monde est totalement occupé par une pensée unique. Cela pourrait être aussi par la création d'une sorte de chevalerie: il suffit de quelques personnes qui ont "le feu", "la grâce". Il a suffi de 12 apôtres pour répandre le feu au monde. Il a suffi d'un St François pour changer tout le Moyen Age...


    Valete.

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    1. Merci infiniment pour ce long et édifiant témoignage. Vous avez raison quant aux éventuelles solutions que vous évoquez à la fin : "Les minorités croyantes entraînent les foules indécises."
      Bon courage à vous,
      Nicolas

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