mardi 23 mai 2017

Multikulti in Manchester




"Nous traitons à présent 64 personnes, sur lesquelles environ 20 sont en soins intensifs, ce qui signifie qu'ils reçoivent des soins très urgents", a détaillé Jon Rouse, qui dirige les services de santé dans la région du Grand Manchester. "Nous avons affaire à des lésions d'organes majeurs, de graves blessures au niveau des membres", a-t-il dit, ajoutant qu'une très longue convalescence attendait ces blessés.
Le Figaro, 24 mai 2017


No stigmatisation! No amalgam!
It's because of Marine Le Pen!

De cet attentat, comme de tous ceux passés et à venir, deux leçons à retenir :
1) Pas d'amalgame;
2) Les vrais salauds, c'est Marine Le Pen et ses électeurs. Pas ceux qui ont laissé venir et prospérer l'islam en Europe. Et encore moins ceux qui commettent ces attentats. Non : ceux-là, voyez-vous, n'auront pas notre haine.

Voilà la belle humanité des humanistes contemporains.
Voilà le plus haut degré de compassion et de courage dont ils sont capables.
Voilà, surtout, le niveau de lucidité du bipède du XXIème siècle, après deux siècles de "Raison" et de "Lumières".
Et on ose encore qualifier les siècles précédents d'obscurantistes...

samedi 6 mai 2017

Trissotin 2017



« C’est un parleur étrange, et qui trouve toujours,
L’art de ne vous rien dire, avec de grands discours »
Molière (Le Misanthrope. Acte II. Scène IV)

« Je pense qu’aussi longtemps que la diplomatie permet d’éviter la guerre, elle est préférable. »
Emmanuel Macron

« Parmi les péchés en parole, il faut éviter les paroles inutiles, c’est-à-dire celles qui ne servent en rien ni à celui qui les prononce ni à autrui. »
Saint Ignace de Loyola

« L’exigence de l’optimisme est la voie de l’espoir que nous voulons. »
Emmanuel Macron

« On cherche ce qu’il dit après qu’il a parlé »
Molière (Les Femmes savantes. Acte II. Scène VII)

« Il vous appartient de poursuivre le chemin jusqu’au bout et au-delà. »
Emmanuel Macron

« J’essaie de dire des choses — enfin j’espère. »
Emmanuel Macron



Molière est éternel.
Comme tous les grands écrivains, il capte dans ses personnages ce que l’homme a de permanent ; ce qui, par-delà les époques, les cultures et les mœurs, se manifeste immanquablement, sous des masques divers.
Il n’y a en effet que les progressistes et les incultes  mais c’est la même chose — pour croire que l’homme change fondamentalement ; il n’y a que les moulins à stéréotypes contemporains pour « penser » qu’il n’y a pas d’invariants anthropologiques : de tronc commun éternel à partir duquel se développent les branches, éphémères, propres à chaque époque.

Molière est un écrivain ; cela suffit à le différencier des pitres écrivassiers qui, de Marc Levy à Jean d’Ormesson, empoisonnent les cerveaux contemporains avec leur prose incolore, plate et sans vie.
Molière est un écrivain ; c’est pour cela que, trois siècles et demi après sa mort, il est bien plus vivant que tous nos graphomanes contemporains. C’est pour cela qu’à lui seul, il nous apporte sur notre temps un éclairage bien plus précieux que tous ces impotents réunis.
C’est parce qu’il est un écrivain que, trois siècles et demi après sa mort, il est infiniment plus actuel que tous ces anti-artistes qui tomberont dans l’oubli dès que le soleil médiatique se couchera sur leur imposture.

Il faut lire Molière, donc. Le lire et le relire. La vie est trop courte pour perdre son temps à ne pas lire Molière.
D’autant qu’en vérité, on gagne un temps fou, à lire Molière. On prend un plaisir fou, et on gagne un temps fou ; car on comprend en une comédie ce que d’autres expriment péniblement sur plusieurs centaines de pages, sans style et sans clarté. Et puis surtout, en lisant Molière, on réalise que les protagonistes de notre époque ont déjà été décrits, pour une large part. Décrits, analysés et mis en boîte.

Pour ne prendre qu’un exemple, la campagne présidentielle qui s’achève fut un long hommage à Molière. Hommage involontaire, bien sûr, tant la haine de la France et singulièrement de son art (qui « n’existe pas », dixit l’un des candidats) est vivace chez la quasi-totalité des candidats — et la majorité des électeurs. Mais hommage quand même. En cela, d’ailleurs, cette campagne aura été brillante. Hélas, en cela seulement.

Ainsi, François Fillon, c’est à la fois Harpagon et Tartuffe. Le pingre et l’imposteur. Le chantre de l’austérité qui porte des pulls à mille euros la manche — payés par le contribuable. Le champion de la sobriété qui se love dans des costumes qui coûtent un an de SMIC — payés par le contribuable. L’homme honnête et droit qui conclut de drôles de contrats de travail avec sa femme et ses enfants… L’homme de convictions qui retourne sa veste en moins de deux minutes ; l’homme fier et intègre qui, apprenant sa défaite électorale à 20h00, appelle à 20h02 à voter pour son concurrent, qui l’a traîné dans la boue et livré pendant plusieurs mois à un lynchage d’une violence inouïe…
Quant à l’électeur de Fillon, il n’a jamais été aussi bien portraituré que sous les traits d’Orgon. Orgon, le cocu de compétition qui se fait copieusement truffer par Tartuffe.
Orgon, le pigeon frénétique qui ne veut rien savoir, rien entendre des mises en garde — pourtant bienveillantes — de ses amis et de sa famille.
Orgon, le couillon forcené dont l'idolâtrie pour Tartuffe annihile toute lucidité, toute capacité à entendre la moindre critique sur ce dernier ; Orgon, que son adoration fanatique pour Tartuffe rend aveugle et sourd. Aveugle aux faits, innombrables, qui démentent sa vision idéalisée ; et sourd aux avertissements de ses proches :

« Mais il est devenu comme un homme hébété,
Depuis que de Tartuffe on le voit entêté ;
[…]
Ses moindres actions lui semblent des miracles,
Et tous les mots qu’il dit sont pour lui des oracles. »

Ainsi, à ceux qui cherchent à le prévenir de sa duperie :

« C’est de fort bonne foi que vous vantez son zèle ;
Mais par un faux éclat je vous crois ébloui. »

, il répond, implacable :

« Mon frère, vos conseils sont les meilleurs du monde,
Ils sont bien raisonnés, et j’en fais un grand cas ;
Mais vous trouverez bon que je n’en use pas. »

Quand la vénération prend des formes aussi gratinées, les avertissements ne sont pas seulement inutiles ; ils sont contre-productifs. Plus on cherche à le sortir de son aveuglement, plus Orgon s’aveugle. Plus on tente de lui ouvrir les yeux, plus il s’enferme dans le déni.
Chaque critique envers son gourou rend ce dernier plus incritiquable. Chaque tentative de l’atteindre le rend plus intouchable. Chaque attaque renforce son statut de victime. Et légitime, par conséquent, qu’on le défende de plus en plus férocement.
C’est pourquoi, à mesure que la pièce progresse et que les critiques se multiplient contre Tartuffe, Orgon se crispe, se raidit, manifeste une intolérance de plus en plus hystérique envers ceux qui formulent des doutes sur l’honnêteté de Tartuffe :

« Je vous défends tout net d’oser dire un seul mot. »

« Tais-toi, peste maudite »

« Si tu dis un seul mot, je te romprai les bras. »

Cette escalade dans la violence culmine quand Orgon insulte son fils qui a eu le tort de lui dire la vérité sur Tartuffe, puis le menace physiquement, et enfin le chasse de sa maison — sans oublier au passage de le déshériter (au profit de Tartuffe) :

« Je te prive, pendard, de ma succession,
Et te donne, de plus, ma malédiction. »

Tout cela, donc, pour défendre un imposteur. Toute cette ivresse de haine contre son propre fils, pour défendre quelqu’un qui le méprise, convoite sa femme, et s’apprête à le ruiner. N’a-t-on pas là, décrit magistralement, le sectarisme qui s’exprime dans certaines familles quand la discussion prend un tour politique ?
N’a-t-on pas là, décrit magistralement, ce prodigieux mélange de mauvaise foi, de cécité volontaire et d’aigreur qui caractérise le militant ? Cette abolition de toute exigence de vérité, qui rend impossible un échange loyal ? Ce dogmatisme hargneux, qui transforme le contradicteur en blasphémateur, et exclut donc d’entretenir avec lui un désaccord civilisé ? N’a-t-on pas là, décrits magistralement, les sommets de haine, de bêtise et de destruction vers lesquels peut mener l'envoûtement par un charlatan ?

Rien de neuf, donc, depuis Molière. Enfin si, une petite nuance : quand, ayant surpris Tartuffe en train de convoiter sa femme, Orgon comprend enfin sa duperie, il renvoie Tartuffe avec la plus grande fermeté.
Il en va tout autrement avec le cocu de Fillon : cocufié pendant cinq ans (de 2007 à 2012), il s’est pourtant battu avec la plus grande énergie pour que son cocufieur revienne au pouvoir et le recocufie cinq années de plus. Las, n’ayant pas obtenu de se faire recocufier par son cocufieur préféré, il s’apprête à se faire recocufier au carré, en obéissant docilement aux directives de son cocufieur qui l’engage à voter pour celui qu’il a âprement combattu.
Ainsi, le cocu de Fillon se retrouvera cocufié directement, et indirectement. C'est là un degré de cocuage que Molière ne pouvait pas prévoir. C’est que, s’il est vrai que l’homme ne change pas fondamentalement, il n’en est pas moins vrai que chaque époque l’assaisonne à sa façon, lui apporte des nuances, atrophiant certains penchants, en hypertrophiant d’autres.

Ainsi, l’homme contemporain se distingue par une atrophie sans précédent de l’exigence de vérité et, partant, une forte perméabilité au mensonge, une prodigieuse indifférence aux faits, et une incapacité structurelle à solliciter sa mémoire pour éclairer le présent. L’homme contemporain est un amnésique. Il s’expose donc à être perpétuellement dupé. C’est toute l’histoire de ces trente dernières années. Et des cinq années à venir.
Une fois de plus, en effet, les Français vont reconduire aux affaires Tartuffe et sa cour de piteux, tous les Attali, Raffarin, Estrosi, Ruquier, Copé, Wauquiez, Cohn-Bendit, Bayrou, Galzi, Ferrari, Cohen, Aphatie, Birenbaum, tous ces apparatchiks empêtrés dans leurs intrigues minables pour conserver leurs places et perdurer au détriment des Français, leur infligeant chaque jour le spectacle de leur médiocrité et de leur arrogance ; tous

« ces gens, qui, je ne sais comment,
Ont gagné, dans la cour, de parler hautement.
Dans tous les entretiens, on les voit s’introduire ;
Ils ne sauraient servir, mais ils peuvent vous nuire. »


Si l’on est frappé, à trois siècles et demi d’intervalle, par les analogies entre Fillon et Tartuffe d’une part, Orgon et l’électeur de Fillon d’autre part, il est une analogie plus spectaculaire encore. Il est en effet un personnage qui parcourt l’ensemble de l’œuvre de Molière, et qui a pris corps aujourd’hui. Un personnage que Molière fait inlassablement revenir dans ses comédies. Un personnage qui fascine Molière jusqu’à l’obsession car, outre son potentiel comique inépuisable, il est un concentré de nature humaine. Il incarne ce que l’homme a en lui de moins glorieux : cet étonnant mélange de narcissisme et de vacuité ; ce puissant mariage entre la médiocrité et l’autosatisfaction. Ce personnage, c’est Mascarille dans Les Précieuses ridicules ; dans Le Misanthrope, il prend les traits d’Oronte ; et dans Les Femmes savantes, il s’appelle Trissotin. C’est le pédant ; le petit marquis inepte et prétentieux, qui s’admire d’autant plus qu’il est plus médiocre.
C’est l’homme vide de culture, mais plein de certitudes. Celui qui « sait tout sans avoir jamais rien appris ». Celui à qui le savoir et la compréhension du monde viennent « naturellement, sans étude ».

C’est celui qui a un avis sur tout, sans avoir jamais réfléchi à rien. Celui qui affirme d’autant plus fermement qu’il ignore tout de son sujet ; qui assène d’autant plus catégoriquement qu’il n’a pas d’argument.

Celui dont l’assurance est proportionnelle à l’ignorance.

Cet homme a une tellement haute image de lui-même qu’il n’envisage pas qu’il lui soit nécessaire de travailler, avant de la ramener. Non. Aussi inconsistant que sûr de lui, il parle sans cesse, mais ne pense jamais. Le problème, c’est que n’ayant rien à dire, il est condamné à produire des phrases qui ne disent rien. Des phrases pleines de mots, mais vides de sens.
« Il faut que l’émergence de cette diversité qu’est la société française, elle reste dans la vibrance de cette diversité. » Des phrases ronflantes, boursouflées, verbeuses, où l’absence de structure et l’inflation de mots servent à masquer l’absence de contenu. « Ce qui constitue l’esprit français, c’est une aspiration constante à l’universel, c’est-à-dire cette tension entre ce qui a été et la part d’identité — cette ipséité stricte — et l’aspiration à un universel, c’est-à-dire à ce qui nous échappe. » Des phrases brumeuses, vaguement lyriques, dont aucune signification n’émerge, mais alors assénées avec conviction pour faire croire qu’elles recèlent un sens et une cohérence, quand elles ne veulent rigoureusement rien dire. « La réconciliation cohérente que je propose et le projet progressiste assumé sont de nature à réveiller des initiatives très fortes au niveau de la société. »

Tout le monde le connaît, Trissotin. Tout le monde a déjà eu le malheur de voir ce morveux narcissique répandre son arrogance et son inculture sur un plateau de télévision ou dans Télérama. Et dans les grandes villes — singulièrement à Paris —, ce sont des bataillons de Trissotin que l’on croise en terrasse, dans les cafés et dans les restaurants. On a renommé « bobos » ces coquets vaniteux, mais ça ne change rien : ce sont des Trissotin. D’ailleurs, vous verrez, ils s’apprêtent à voter massivement pour leur sosie. Pour Master Trissotin. C’est-à-dire Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, saint patron des bobos. Et, accessoirement, auteur des perles linguistiques ci-dessus.

Molière a très bien connu Emmanuel Macron. Jusqu’au timbre de sa voix. Vous ne me croyez pas ? Et pourtant, il en dresse le portrait précis dans Les Femmes savantes :

« Tous les propos qu’il tient sont des billevesées ;
On cherche ce qu’il dit après qu’il a parlé,
Et je lui crois, pour moi, le timbre un peu fêlé. »

De même, Molière a très bien connu le fan-club — pardon, les militants — d’Emmanuel Macron. Il les a connus, et très précisément décrits. C’est dans Les Femmes savantes qu’on trouve le portrait rigoureux de ces gens qui crient au génie à chaque fois que leur idole enfonce une porte ouverte ; ces dévots qui pâment d’extase dès que leur gourou ouvre la bouche, même et surtout si c’est pour proférer une grosse banalité :

« L’agriculture, ce sont les femmes et les hommes qui nous nourrissent. »

« Ah ! le joli début ! »

« Je veux un président qui préside et un gouvernement qui gouverne. »

« Ah ! Tout doux, laissez-moi, de grâce, respirer. »

« Je considère que pour accéder à la fonction présidentielle, il faut se présenter à l’élection présidentielle. »

« Donnez-nous, s’il vous plaît, le loisir d’admirer. »

« L’argent que j’ai gagné dans ma vie, je l’ai gagné. »

« On se sent à ces vers, jusques au fond de l’âme,
Couler je ne sais quoi qui fait que l’on se pâme. »

« Le monde a changé : il n’est plus le même. »

« Que [Le monde a changé] est là joliment dit !
Et que la métaphore est mise avec esprit ! »

« La conclusion, c’est de tirer les conclusions. »

« Je voudrais l’avoir fait. Il vaut toute une pièce.
Mais en comprend-on bien, comme moi, la finesse ? »

« Il faut interdire les signes religieux ostentatoires qui sont aujourd’hui interdits. »

« Oh, oh, oh ! celui-là ne s’attend point du tout. »

« Notre pays il est fait pour moitié de femmes et pour moitié d’hommes. »

« Lui seul des vers aisés possède le talent ! »

« Je ne suis pas quelqu’un qui est dans l’insensibilité »

« On n’a que lui qui puisse écrire de ce goût »

« Nous pouvons créer un rapport de force en étant forts. »

« Je ne sais pas, pour moi, si chacun me ressemble,
Mais j’entends là-dessous un million de mots. »

« Dans cette fraternité, nous mettrons de l’humain partout. Parce que nous voulons faire converger nos efforts pour protéger et préserver. »

« On n’en peut plus. »

« Est-ce que vous entendez le murmure du printemps ? »

« On pâme. »

« L’école, elle rassemble toutes les fidélités, et la plus précieuse d’entre elles : la fidélité à l’avenir. »

« On se meurt de plaisir. »

« Pour construire ensemble des solutions et un avenir, nous devons trouver des lignes de force communes. »

« De mille doux frissons vous vous sentez saisir. »

« Penser printemps, mes amis, c’est réconcilier l’ambition et le réel. »

« Chaque pas dans vos vers rencontre un trait charmant. »

« L’argent ne se mange pas, et nous sommes tous des enracinés. »

« Partout on s’y promène avec ravissement. »

« Il est parfois bon aussi de savoir être maître des horloges. »

« On n’y saurait marcher que sur de belles choses. »

« Et c’est ce qui fait que la France a toujours été elle-même en débordant d’elle-même. »

« Ce sont petits chemins tout parsemés de roses. »

« Précisément parce que la Guyane n’est pas une île, il y a parfois beaucoup d’une île dans sa réalité. »
« Admirable, nouveau,
Et personne jamais n’a rien fait de si beau. »

« - 35 jours, c’est court ou c’est long ?
- C’est factuel. Je n’ai jamais commenté ces données là. Je les prendrai journée après journée, avec beaucoup de sérieux. Avec calme, sérénité, et détermination. »

« Ah ! de l’esprit partout ! »

« L’enthousiasme, c’est le contrepoint des attentes. »

« Si la France pouvait connaître votre prix… »

« Ce que nous ferons pour la culture, c’est un chemin ; c’est un accès, puis un chemin. »

« Si le siècle rendait justice aux beaux esprits… »

« Une indépendance dans l’Europe, non pas pour s’y fondre, non pas pour s’y confondre, mais pour construire des partenariats structurés. »

« En carrosse doré vous iriez dans les rues. »

« Je suis tout à fait favorable à ce qu’on construise de nouveaux modèles de gouvernance. Ces nouveaux modèles, il pourront être mis en place à l’initiative des acteurs eux-mêmes. »

« On verrait le public vous dresser des statues. »

Avec la modestie qui les caractérise, Macron et ses groupies ont décrété qu’ils étaient le « renouvellement ». Si, plutôt que de nier son existence, ils s’intéressaient à la culture française, ils découvriraient qu’ils existent depuis trois siècle et demi. Et qu’on peut donc douter de l’authenticité du « renouvellement » qu’ils incarnent. Tout laisse craindre, au contraire, que sitôt Trissotin élu, une épidémie de gâtisme s’abatte sur la France. Déjà, il y a deux jours, les soutiens de Trissotin tenaient place de la République un « concert citoyen » dans lequel ils arboraient la petite main jaune « Touche pas à mon pote ». Ce qui décoiffe, question renouvellement…

Quoi qu’il en soit, c’est donc Macron qui, bientôt, présidera aux destinées de la France. C’est cet enfonceur de portes ouvertes, ce moulin à poncifs, ce générateur de tautologies qui nous représentera auprès des nations du monde. C’est Trissotin qui mènera notre diplomatie, avec ses bafouillages entortillés ; c’est Trissotin, avec son lyrisme spongieux et ses crises d'adolescent, qui tiendra tête à Poutine et à Trump. Ils en tremblent d’avance. On imagine déjà notre Trissotin national, lors d’une réunion sur la crise syrienne, prendre un air inspiré puis lancer : « J’ai l’intime conviction que la paix est préférable à la guerre. », avant de poursuivre, sentencieux : « Aussi, je propose que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir — dans la mesure du possible et de l'envisageable raisonnable — pour rechercher une solution qui ne soit pas porteuse de guerre, mais au contraire qui soit le reflet fidèle d’une forte volonté de paix. Parce que j’y crois. »

Vous me direz, ces cinq années de fiasco annoncé ne pourront pas être pires que les cinq années de débâcle que nous venons de subir. Après tout, les chefs d’Etat étrangers doivent maintenant avoir l’habitude que leurs homologues français leur débitent un charabia pâteux et vide de sens. Car c’est bien Hollande qui s’exprimait ainsi : « Nous n’avions pas anticipé que la crise durerait plus longtemps que prévu. » ;
« Par rapport à l’emploi il y a trop de chômage et par rapport au pouvoir d’achat il y a trop de vie chère. » ;
« Je n’ignore rien non plus des souffrances de beaucoup d’entre vous à finir les fins de mois. » ;
« Je vous le confirme ici : le redressement du pays est indispensable. » ;
« Mon devoir, c’est de savoir dépasser les résultats immédiats pour inscrire mon action dans le destin d’un grand pays comme le nôtre. » ;
« J’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler. » ;
« Il doit y avoir une entreprise pour chaque entreprise qui cherche un apprenti et la même chose dans le cas inverse. » ;
et surtout : « Le devoir de parler notre langue correctement doit être un engagement du président de la République. »

Non, décidément, l’accession de Trissotin au pouvoir n’apportera pas de changements radicaux. A la limite, ce sera peut-être légèrement mieux : car après tout, Macron, c’est Hollande en beau. C'est toujours ça de pris. Plus généralement, Macron, c’est le miroir inversé de Hollande : celui-ci est un vieux qui convoite des jeunes, celui-là un jeune qui convoite des vieilles...

Trissotin chef d’Etat, donc. Molière n’aurait pas osé. C'est que Molière, malgré toute sa fantaisie, n’aurait jamais pu imaginer cette situation tragi-comique où un petit marquis vaniteux se voit confier la fonction suprême. Il faut dire qu’à l’époque, le chef d’Etat, c’était Louis XIV. Celui qui, à seize ans, déclarait : « L’Etat , c’est moi. » Ce qui est un peu plus concis, un peu plus efficace et, disons-le, un peu plus couillu que les contorsions langagières de notre Trissotin national. Il faut dire aussi qu’à l’époque, la France était la première puissance d’Europe ; et qu’elle était unanimement admirée. Coïncidence ?
Il n’est pas sûr, en tout cas, qu’avec Trissotin aux commandes, la France regagnera en crédibilité. Il n'est pas sûr qu'après cinq ans de Trissotin, l'état de la France se sera amélioré. Mais nous verrons, n’est-ce pas ? Nous verrons bientôt. Nous verrons bientôt tous les bienfaits que Trissotin et ses clones comptent prodiguer à notre pays. Nous verrons bientôt l'étendue de leur compétence, et de leur amour de la France. Rendez-vous dans cinq ans. Et en attendant, essayons de rire. Car comme toujours — mais aujourd'hui plus que jamais — seul le rire est susceptible de nous sauver.

jeudi 27 avril 2017

Marche funèbre


« Il faut toujours marcher avec son temps, même si le temps ne va nulle part. »
Bernanos

Les zombies sont En Marche. Ils arrivent. Plus que deux petites semaines, et ils investiront l’Elysée. Alors, ce sera parti pour la méga zombie-party. Une zombie-party de cinq ans, qui achèvera de zombifier la France et les Français. Après quoi chacun retournera dans son tombeau. Et la France sera morte.

Mais n’anticipons pas : pour le moment, les zombies sont En Marche. C’est The Walking dead version française. La marche des crevés. Ce n’est pas tout à fait « Marche ou crève » ; c’est « En Marche et crève ». Et c’est la même chose.

Le défilé des morts-vivants s’est mis En Marche. Avec en tête de cortège Macron et son sourire de tête de mort. Pour le moment, le bataillon est encore en ordre dispersé. Certains sont à la traîne. Il faut dire qu’ils n’ont plus l’habitude, de cavaler comme ça ! Robert Hue, par exemple, commence seulement à s’extirper de son cercueil. On voit apparaître son petit collier de barbe… Ah ! Le voilà ! Il se frotte les lunettes… n’en revient pas d’être revenu à la vie. Bonjour papa Noël ! Bienvenue en 2017 ! Allez, En Marche ! On compte sur toi, hein Robert, pour nous apporter du sang neuf ! Car n’oublions pas : Le changement renouvellement, c’est maintenant. Avec Robert Hue.

Plus loin, on aperçoit Pierre Bergé. Lui aussi semble avoir quelques difficultés à marcher. En Marche, d’accord, mais mollo. Il faut dire qu’à 86 balais, avec une vie aussi remplie, le fessier ne répond plus tout à fait comme à vingt ans. Mais enfin, il est là. Radieux. Rayonnant. Débordant de cette joie de vivre si communicative, et si caractéristique du progressiste. Il tourbillonne, Pierre Bergé, il virevolte, il pétille ; et puis surtout il respire la gentillesse. Pierre Bergé, c’est une publicité « vivante » pour le progressisme. Une fois qu’on l’a vu, et qu’on l’a écouté, on ne peut plus douter : le progressisme, c’est bienveillant et fraternel.

Au premier rang du défilé, la grosse tête de Bayrou vient d’apparaître. Elle emplit tout l’espace. Le cameraman essaie de dézoomer au maximum. En vain. Bayrou, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt En Marche. Mais c’est surtout un gage de renouvellement. Il est donc là, placide. Il a toujours été là. Il a toujours été placide. Hermétique à toute émotion. C’est à se demander s’il a même poussé un cri à la naissance. Mais enfin, il est là. A quoi sert-il ? On le découvrira peut-être un jour. En attendant il fait des phrases. Aussitôt oubliées qu’elles sont prononcées. Il dit une chose, puis son contraire. Ca l’occupe. C’est sa vie.

Derrière notre Bayrou à front de taureau, Jacques Attali trépigne, s’agite, s’excite. Il essaie d’exister. Désespérément il brandit son 358ème livre — que dis-je, son 358ème chef-d’œuvre. Qui nous annonce une fois de plus des tas de choses qui n’arriveront pas. Peu importe : notre boussole qui indique le Sud tient à le vendre, son foutu bouquin. Il trouve qu’il n’a pas encore gagné assez de fric.
Hé ho, les caméras ! Par ici ! J’ai un livre ! Un livre passionnant ! Un livre prophétique ! Comme tous les autres ! Car j’ai fait Polytechnique, moi ! Je suis donc très intelligent, et je sais ce qui est bon pour les gens ! Je sais, moi, ce qui les rend heureux ! Quarante ans que je m’y emploie, à les rendre heureux ! Par pure philanthropie ! Par pure charité (en amassant quand même quelques millions d’euros au passage) ! Voyez le résultat ! A commencer par moi ! Voyez comme je rayonne ! Comme je resplendis ! Voyez comme le progressisme me réussit !
Pour être honnête, il tire plutôt une trombine morose, en ce moment, Jacques Attali. Mais pas d’inquiétude : c’est juste qu’il est dans sa phase « artiste maudit ». A 73 ans. Bon, d’accord, normalement, ces délires narcissiques, c’est plutôt vers 20 ans ; mais on ne peut pas être précoce en tout.
Pour bien faire « artiste maudit », Attali s’est laissé pousser une barbe. Méticuleusement négligée. Puis il a foutu des fringues trop grandes. Et puis il prend des airs sombres, mystérieux. Tourmentés. Avec tout ça, il faut le croire : c’est un mystique, le père Attali.
Un haut-fonctionnaire mystique.

Et un artiste maudit. Un artiste maudit qui préside une société de conseil en stratégie internationale.
Et un ascète. Un ascète millionnaire.
Et un solitaire. Un apparatchik solitaire.
Et un ermite. Un ermite qui a ses entrées partout, un carnet d’adresses épais comme un dictionnaire Français-Chinois, et le plus grand réseau du monde.
Bref, c’est un homme authentique, le père Attali. Tout sauf un imposteur.
Et surtout, Attali, c’est la garantie du renouvellement : il y a 43 ans, il dirigeait la campagne présidentielle de François Mitterrand (mort il y a 20 ans). C’était en 1974. Macron n’était pas né.

Dans le lointain, d’épaisses volutes de fumée laissent deviner le profil du destructeur débonnaire Cohn-Bendit. Toujours aussi élégant, toujours aussi profond qu’à vingt ans. N’ayant jamais douté de lui, il radote ses éternels slogans. « Il est interdit d’interdire ! » « Jouissez sans entrave ! » Il tourne en boucle, il n’en sort pas. Pas de doute : avec ce nihiliste dodu, on sent que le renouvellement arrive au pas de charge.

Le renouvellement, le sang neuf, l’esprit d’innovation, c’est aussi Gérard Collomb, 70 ans. Dont 40 ans au Parti socialiste. Et Bernard Kouchner, 77 ans. Ministre de Jospin et de Fillon. Et tous les notables du PS qui s'agitent en ce moment pour se recaser. Et aussi Estrosi le grand modeste. Et Raffarin. Bref, la crème de l’anti-système.
Non, décidément, y a pas à dire : le vent du renouvellement souffle fort, dans les rangs de Macron ! Le sang neuf y abonde ! La fougue de la jeunesse l’anime !

Lors d’un meeting, Macron a déclaré qu’il se trouvait « christique ». Certains ont cru malin de rigoler. De se moquer. D’y voir une énième manifestation de sa mégalomanie. De son prodigieux narcissisme.
Ils avaient tort. D’abord parce qu’il est très déconseillé de rire de quelqu’un qui ne rit jamais — or qui a déjà vu Macron rire, je veux dire d’un rire franc, chaleureux, bienveillant, et non de ce sourire de tête de mort qu’il arbore en toutes circonstances ? Et puis surtout parce que Macron a bel et bien une dimension christique. En effet, il ressuscite les morts. Il fait revenir à la vie les cas les plus désespérés. Et ce, à une cadence bien plus effrénée que le Christ. Macron, c’est la résurrection passée au stade industriel. La résurrection à flux tendu. Et — miracle supplémentaire — il parvient à faire passer ce recyclage de ce que le monde politique compte de plus ringard, de plus gâteux, de plus mort, pour un gage de renouvellement. Avec un culot inouï, il présente sa marche des notables comme la quintessence de l’antisystème. Et ça marche. Macron a réussi le miracle de créer ce personnage antinomique : l'apparatchik antisystème. Certes, on savait bien, depuis Goebbels, que « plus le mensonge est gros, plus il passe ». Mais en l’occurrence, ce principe ne suffit pas à expliquer le succès de Macron. Non, même les incrédules doivent se rendre à l’évidence : l’escroquerie Macron relève du miracle.

Quoi qu’il en soit, c’est donc avec cette équipe de revenants que Macron va gouverner.
C’est auprès de Robert Hue, de Daniel Cohn-Bendit, de Bernard Kouchner et de Jacques Attali qu’il va prendre conseil. Tous ces gens qui ont mené la France à l’abîme ; tous ces gens qui ont mis la France non pas en marche, mais à genoux ; tous ces gens qui sont comptables du désastre économique, sécuritaire, identitaire, civilisationnel dans lequel la France s’embourbe depuis quarante ans, tous ces fléaux vont se voir offrir cinq ans de plus pour achever leur œuvre destructrice.
Mais ce n’est pas tout. Tendez l’oreille… Non, vous n’entendez pas ? Vous n’entendez pas les hennissements de Ségolène Royal ? Ni Manuel Valls piaffer ? Ni Marisol Touraine rouler ses gros yeux de cheval fou ?
Vous n’entendez donc pas ? Toute l’écurie gouvernementale des ces cinq dernières années qui s’ébroue ? Tous les vieux chevaux de retour du hollandisme qui trépignent ? Prêts à repartir pour un tour ?
Vous n’en vouliez plus ? Vous les aurez tous ! Allez, Krikri Taubira, en piste ! Valls, à la suite ! Par ici Ségolène ! Tiens, Jean-Marc Ayrault ! On t’avait presque oublié, toi ! Comme on se retrouve ! Najat, à toi ! Et Laurence Rossignol ! Toujours aussi modeste et compétente ! Viens par ici ! Ah, quel plaisir de revoir toute la dream-team du quinquennat Hollande ! L’antisystème au grand complet ! Tout ce sang neuf ! Car mettez-vous bien ça en tête : Le changement renouvellement, c’est maintenant ! Ah, on va bien s’amuser ! Ah oui alors, qu’est-ce qu’on va se poiler, cinq ans de plus en leur compagnie ! Nous sortons de deux quinquennats de cauchemar ? Et alors ? Ne dit-on pas Jamais deux sans trois ! Allez, c’est reparti !
Toutes ces gueules que vous ne pouvez plus voir en peinture, vous les verrez tous les jours pendant cinq ans à la télé, dans vos journaux, sur tous vos écrans ! Cinq nouvelles années de parler-mutant, de langue de bois insupportable, cinq nouvelles années d’inaction, de condamnations les plus fermes des attentats, cinq nouvelles années de lutte contre l’islamisme à coups de stop-djihadisme.gouv.fr.
Pas de doute : avec le nouveau régime Macron-Attali-Kouchner-Taubira-Valls-Belkacem, la France sera belle, dans cinq ans. Plus d’islamisme, plus de communautarisme, plus de délinquance. La France sera remise sur les rails. L’avenir s’annoncera radieux. Et nos enfants nous remercieront.

Oui, nos enfants nous remercieront pour notre lucidité et notre courage, en ce 7 mai 2017. Ils nous remercieront pour notre résistance à la propagande, aux intimidations, à la terreur intellectuelle. Ils nous remercieront pour avoir gardé intact notre discernement, au beau milieu la tempête médiatique. Surtout, ils nous remercieront pour notre capacité à nous projeter dans l’avenir ; à anticiper les conséquences de nos choix…
Quel beau futur pour eux, grâce à nous !

Eric Zemmour a écrit un livre intitulé Le suicide français. Il ne croyait pas si bien dire. Cela dit, une fois n’est pas coutume, il me semble qu’il commet dans cet excellent livre une erreur d’analyse. En effet, il y soutient l’idée que les élites mènent le peuple au suicide contre sa volonté, pour ainsi dire malgré lui. D’après Eric Zemmour, le peuple ne veut pas mourir. Le peuple résiste. Le peuple est rétif.
J’ai longtemps souscrit à cette hypothèse. Mais l’issue annoncée de cette présidentielle la dément de la manière la plus claire : avec un peuple rétif, Macron ferait 5%. Pas 60. A fortiori quand ledit peuple se voit offrir une occasion unique de mettre un terme au cauchemar qu’il vit depuis quarante ans. Oui, une occasion unique car dans cinq ans, sous les effets conjugués des dynamiques migratoires et des lois de naturalisation votées durant le prochain quinquennat, ceux qui veulent sauver la civilisation française seront devenus minoritaires. Autrement dit, le sauvetage de la civilisation française sera devenu impossible. Du moins par les voies démocratiques…

Mais les Français rejettent cette chance unique, incarnée par Marine Le Pen.
Cette femme qui veut mettre fin à l’impunité des racailles et protéger les honnêtes citoyens, ils la méprisent. Sans savoir pourquoi. Sans jamais l’avoir écoutée. Par simple mimétisme. Par pur conformisme. Parce qu’en 2017, il apparaît moral et humaniste de reprendre à son compte, sans le moindre examen, les caricatures ignobles déversées sur une femme.
Cette femme, donc, qui entend livrer une guerre sans pitié aux islamistes qui veulent égorger nos fils et voiler nos filles, les Français la rejettent et l’insultent.
Cette femme qui est prête à donner tout son temps, tout son talent, toute son énergie, toute sa vie pour protéger les Français, ils lui crachent au visage et la traitent de fasciste.

Quarante ans de haine de soi ont porté leurs fruits : le peuple français en est arrivé à un tel point de détestation de soi, qu’il déteste ceux qui veulent le sauver. C’est le syndrome de Stockholm. Les Français se sont habitués à leurs bourreaux. Ils ont fini par les aimer. Par approuver leurs humiliations. Par les réclamer, même.
Les Français ne veulent plus qu’on leur relève la tête.  Ramper leur va bien. Lentement, un sourd désir de disparaître s’est insinué en eux. Il est là, maintenant. Ancré. Irrémédiable. Le nihilisme a triomphé.

Les Français sont dévitalisés. Ils n’ont plus l’envie, ni la force nécessaires pour refermer la parenthèse mortifère des quatre dernières décennies, et renouer avec quinze siècles de gloire. L’histoire de France est finie. Elle s’arrête là. La victoire annoncée de Macron est la preuve éclatante de ce refus de vivre. De cette abolition chez les Français du plus élémentaire instinct de survie.
C'est fini. Hollande a mené les Français au bord du précipice. Et ils répondent En Marche.

lundi 24 avril 2017

Démocratie et propagande

« Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »
Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne

Les Résistants sont de sortie. Plus courageux que jamais. Avec pour seuls soutiens l’ensemble des médias, des chanteurs, des acteurs, des réalisateurs, des écrivains, des sportifs, des journalistes, des politiques, des patrons, des intellectuels, des philosophes, des sociologues, des chercheurs, des éditorialistes et des humoristes, ils se lancent dans un combat âpre et solitaire. Un combat héroïque, qui marquera l’Histoire.
L’heure est grave, en effet : Marine Le Pen menace de l’emporter à la prochaine présidentielle. La République est en danger. La démocratie menacée.

Et pourtant, certains persistent dans le déni. Pire : une part croissante des Français ne comprend pas très bien en quoi Marine Le Pen, favorable au référendum d’initiative populaire et au recouvrement de notre souveraineté nationale — l’autre nom de la démocratie — contre sa confiscation par l’oligarchie bruxelloise, menace la démocratie. Les crétins.
A la décharge de ces demeurés, il faut bien reconnaître que nos Résistants sont plutôt avares en explications. Leur registre, c’est plutôt les incantations. Les leçons de morale. Les hurlements d’indignation.
Pour les arguments, on attend encore.

Et pendant qu’on attend, on s’interroge sur l’état de cette démocratie qu’il faudrait protéger du tyran en puissance qu’est à n'en pas douter Marine Le Pen. Alors, des questions émergent. Puis déboulent en cascade.
On s’interroge, par exemple, sur l’attachement à la démocratie de cette classe politique qui, il y a douze ans, a piétiné le résultat du référendum sur la Constitution européenne ; et n’a, depuis, plus organisé aucun référendum. Et on se dit que leur conception de la démocratie est pour le moins originale…

On se demande aussi si la délégation de nos souverainetés à des technocrates non-élus basés à Bruxelles (où s’activent quotidiennement 30 000 lobbyistes) sert vraiment la démocratie, et l’intérêt général.

On se demande ce qu’il reste de la démocratie en France, quand 80% de nos lois sont de simples transpositions de directives élaborées par les lobbycrates de Bruxelles.

On se demande qui, de Marine Le Pen ou du grand Jean-Claude Juncker, est vraiment un danger pour la démocratie, quand ce dernier affirme : « Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » On se demande qui méprise les aspirations des peuples européens, quand le même Juncker déclarait, au moment du référendum sur la Constitution européenne : « Si c’est oui, nous dirons "on poursuit". Si c’est non, nous dirons "on continue". » Annonce qu’il a mise à exécution, avec la complicité de Sarkozy et de Fillon…

On peine également à sentir une grande ferveur démocratique dans ce « front républicain » qui, à chaque échéance électorale, élabore des modes de scrutin et des alliances de plus en plus acrobatiques pour qu’un parti représentant 30% des électeurs soit représenté par… 0,3% des députés.
On cherche à la loupe, et finalement en vain, les preuves de démocratie chez ces élus qui, du niveau local à la fonction suprême, pratiquent le clientélisme électoral, ennemi mortel de la démocratie puisque, par définition, il sert les intérêts de certaines communautés au détriment du bien commun.

Oui, plus on y réfléchit, et plus s’affermit l’idée que les démocratophobes ne sont pas exactement là où on nous les indique… que si la démocratie est devenue un théâtre d’ombres, ce n’est pas tout à fait à cause de Marine Le Pen… mais bien plutôt à cause de tous ces Tartuffe qui accusent Marine Le Pen de menacer la démocratie, alors que tous les faits démontrent que ce sont eux, ses véritables fossoyeurs.

Mais comprenons-les : avec leurs résultats infects, ces calamiteux ne peuvent espérer susciter une adhésion positive. Leur seul espoir de conserver leurs places et leur train de vie est d’agiter un danger démocratique totalement fantasmé, et de se présenter comme un rempart contre ce danger… vieille méthode stalinienne… On appelle ça jouer sur les peurs
« La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature » a écrit Noam Chomsky. Le magma de désinformations, de préjugés, de caricatures aussi ignobles que grotesques déversé en continu sur Marine Le Pen l’illustre éloquemment. Mais que les moulins à propagande se méfient : le Brexit et l’élection de Trump montrent que cette matraque n’intimide plus les peuples anglo-saxons. De là à ce que le peuple français s’en inspire…

vendredi 21 avril 2017

Diversions

« On ne pourrait que trembler pour l’avenir d’un régime qui ne se connaîtrait plus d’autre soutien que négatif, ni d’autre salut que dans l’agitation de l’épouvantail néofasciste ; et qui n’espérerait plus être aimé que contre ce danger.
On peut aussi se demander si, en l’occurrence, il s’agit réellement de démocratie ; et s’il ne s’agit pas plutôt de la façon dont elle est instrumentée par ceux qui n’ont le pouvoir qu’en fonction de ce qui est supposé la menacer ; et qui ne peuvent garder ce pouvoir qu’à condition que cette menace perdure. »
Philippe Muray (1999)

Les dévots du padamalgam ont perdu la tête. Ces touchants apôtres de la tolérance, ces émouvants amis de la diversité, ces bouleversants défenseurs de la fraternité sont en train de piétiner l’ensemble de leurs beaux principes. De renier l’ensemble de leurs belles valeurs. D’enterrer leur bel humanisme.
Cette campagne présidentielle les rend fous. Furieux. Fébriles comme jamais. Au point qu’ils en oublient les trois commandements de leur catéchisme élémentaire : « Il ne faut pas stigmatiser. Il ne faut pas généraliser. Il ne faut pas faire d’amalgame. »

Eux qui, il y a peu, nous expliquaient doctement que des attentats commis aux cris de « Allah Akbar » et de « Nous avons vengé le Prophète Mahomet » n’avaient de toute évidence rien à voir avec l’islam ; eux qui nous assuraient que les appels au meurtre des kouffars, des feujs et des faces de craie exprimés par des jeunes de quartiers sensibles étaient le fait de cas isolés, qui ne reflètent en aucun cas l’opinion de la majorité ; eux qui nous promettaient que l’idole des journalistes Mehdi Meklat, avec ses centaines de tweets antisémites et homophobes, n’avait aucune communauté de « pensée » avec lesdits journalistes ; ces fiers pourfendeurs de tous les amalgames ne trouvent pourtant rien de plus subtil, quand un journaliste — pétri de déontologie — capte en caméra cachée les propos révisionnistes d’un obscur élu Front national, que d’affirmer que ce dernier révèle ainsi la pensée de l’ensemble du parti. De ses centaines d’élus. De ses milliers de cadres. De ses dizaines de milliers de militants. Et de ses millions d’électeurs. Quelle clairvoyance… Quelle finesse d'analyse… Quel esprit critique affûté...

Comme si le premier parti de France n’avait rien de plus urgent à faire que de se passionner pour la Shoah. Comme si les millions d’électeurs de Marine Le Pen se levaient tous les matins en faisant une prière à Pétain. Comme si la principale préoccupation des millions de Français qui subissent le chômage, la précarité, l’insécurité, l’hégémonie des racailles et des islamistes, était la possibilité technique de l’extermination de 6 millions de Juifs entre 1939 et 1945. Comme si les élus FN qui doivent gérer une avalanche de dossiers et affronter une adversité permanente, passaient leurs journées à ergoter sur l’existence des chambres à gaz.

Depuis janvier 2015 (nous sommes en 2017), l’islamisme a fait 239 morts rien que dans notre pays. Et des centaines de mutilés. Dont beaucoup resteront lourdement handicapés.
Depuis janvier 2015, l’islamisme a également fait couler le sang en Allemagne, en Belgique, au Royaume-Uni, en Russie, en Suède, aux Etats-Unis (et ne parlons du Moyen-Orient : il faudrait noircir des dizaines de pages pour recenser toutes les abominations qui y sont commises depuis des décennies au nom de l’islam). En Autriche et aux Pays-Bas, des attentats islamistes ont été évités de justesse.
Il y a moins d’un mois, l’islamisme a frappé à Londres ; deux semaines plus tard, c’était au tour de Saint-Pétersbourg ; puis, quatre jours plus tard, de Stockholm. Et hier, de Paris. Quatre villes occidentales majeures en moins d’un mois…

Mais nos humanistes certifiés sont formels : le grand fléau de notre époque, c’est le négationnisme.

En seulement deux ans, notre pays a vécu le carnage de Charlie Hebdo, les assassinats de l’Hyper Casher, les décapitations du Bataclan, un lancer de camion dans une foule à Nice, l’égorgement d’un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray, l’exécution d’une jeune femme à Villejuif, la décapitation d’un patron à Saint-Quentin-Fallavier, l’égorgement de deux policiers à Magnanville. Et, hier, l’exécution d’un policier à la kalachnikov sur la plus belle avenue du monde.

Mais nos Résistants 2.0 n’en démordent pas : le vrai danger, en 2017, c’est le régime de Vichy.

D’après notre Ministre de la Ville — socialiste —, la France héberge des centaines de Molenbeek ; des centaines de poudrières islamistes dont les habitants vomissent nos valeurs, nos mœurs, notre civilisation, et ne rêvent que de nous supprimer. Des centaines de territoires où règne le droit racaillo-islamiste, où la police ne peut plus pénétrer, où l’insulte suprême est sale Français, où des abominations sont commises chaque jour dans une totale impunité, où des femmes sont quotidiennement violées dans des caves ou des locaux à poubelles sans espoir d’être un jour vengées. Chaque année, 84 000 viols sont commis ; chaque année, 765 hommes sont condamnés pour viol. 765 / 84 000 = 0,9%.
Mais pour nos amoureux de la France et des femmes, toutes nos belles âmes philanthropes et féministes, le problème n’est pas la régression épouvantable de la condition des femmes en France ; le problème n’est pas que 28% des musulmans de France estiment que la charia doit prévaloir sur les lois françaises (cette proportion grimpant à plus de 50% chez les jeunes, ce qui laisse augurer d'un bel avenir pour les Français en général, et pour les Françaises en particulier) ; le problème n’est pas davantage que des centaines de milliers de jeunes Français aient ouvertement déclaré la guerre à la France. Ni que les hostilités aient clairement débuté.

Non : pour nos résistants de la 630 000ème heure, la vraie menace, en 2017, c’est Pétain.

Comment peut-on à ce point se tromper d’enjeu ? Comment peut-on si facilement se laisser détourner des vrais problèmes ? Se laisser si docilement mener dans des débats hors-sujet ?

Comment peut-on être dupe de tentatives de diversion aussi outrancières ?

Car il s’agit évidemment là de tentatives de diversion. Tous ces reportages en caméra cachée où le « journaliste » infiltré répète indéfiniment le mot Shoah jusqu’à obtenir la fameuse déclaration polémique qui lui donnera droit à un bonus de 200 euros, tous ces micro-trottoirs où le « journaliste » parfaitement impartial veille à interviewer le militant le plus obtus, le moins télégénique, le plus con pour faire rejaillir son prestige sur l’ensemble du parti (on appelle ça l’effet micro-trottoir), toutes ces révélations palpitantes sur l’existence, au sein d’un électorat de plusieurs millions de Français, de quelques crétins racistes et antisémites, tous ces procédés d’une honnêteté et d’une loyauté irréprochables ont pour seul objectif de faire diversion. De détourner l’attention des Français des vrais enjeux. De leur faire oublier les vrais problèmes. Ceux d’aujourd’hui. De 2017. Pas ceux d’il y a 75 ans. De 1940.

Mais c’est précisément parce qu’ils n’ont rien à dire sur les défis du présent, qu’ils n’ont même pas commencé à les regarder, que nos médiatiques et nos politiques relèvent fièrement les défis du passé — avec quel héroïsme.

C’est parce qu’ils sont tétanisés à la simple idée de nommer les dangers actuels, qu’ils fanfaronnent devant des ennemis morts il y a 75 ans.

C’est parce qu’ils se savent incapables de mener les combats réels, qu’ils s’investissent à fond dans des combats imaginaires.

Leur ardeur à combattre un « fascisme » aussi inexistant que leur courage, est à la mesure de leur lâcheté face aux menaces contemporaines.

Ils endossent le costume des résistants d’hier, pour se consoler d’être les collabos d’aujourd’hui.

Drôles de résistants, d’ailleurs, que ces gens qui en appellent à la gauche immaculée pour faire barrage au Front national et à Marine Le Pen — c’est-à-dire, dans leur esprit tout en finesse et en padamalgam, au nazisme et à Hitler. Outre qu’ils banalisent ainsi l’horreur nazie, et crachent sur les véritables victimes du nazisme, ces puissants historiens semblent ignorer que c’est une Assemblée à majorité socialiste qui vota les pleins pouvoirs à Pétain en 1940. Il n’est pas interdit, alors, de se demander ce que nos grands résistants de gôche auraient voté… Oui, drôles de résistants que ces incultes qui invoquent la pureté de la gauche, quand on sait que les deux plus « grandes » figures de la collaboration étaient issus de la gauche : Marcel Déat, ancien secrétaire du parti socialiste SFIO ; et Jacques Doriot, ancien secrétaire du Parti communiste. Etonnants résistants que ces perroquets à propagande qui voient la sainte gauche comme un rempart au fascisme et au nazisme, quand on sait que le fascisme fut créé par un député socialiste italien (répondant au doux nom de Benito Mussolini) ; et que le saint patron de la gauche, François Mitterrand, fut décoré de la plus haute distinction du régime de Vichy. Etonnants résistants que ces ignares qui semblent oublier que ce n’est pas le nazisme, mais le communisme qui a créé les camps de concentration ; que ce n’est pas le nazisme, mais le communisme qui a inventé les méthodes de déportation de masse. Ce communisme qui a fait vingt fois plus de morts que les Juifs dans les camps hitlériens mais qui, d’après Mélenchon, « n’a pas de sang sur les mains ». Eh oui : figurez-vous que d’après ce grand humaniste, la politique de Staline, Mao, Pol Pot, ce n’était pas le vrai communisme, qui est une belle idée (imagine-t-on un responsable politique affirmer calmement que la politique d’Hitler, ce n’était pas le vrai nazisme, qui est une belle idée ?).

Bref, si leur crâne n’était pas saturé de certitudes d’incultes et de contrevérités historiques, nos Jean Moulin 2017 n’ignoreraient pas que le fascisme et la collaboration entretiennent une lourde filiation avec la gauche. Et que par conséquent, si les racines comptent tant à leurs yeux, ils ne doivent surtout pas voter à gauche…

Mais répétons-le : tout cela n’a aucune importance. Ces débats d’historiens, aussi passionnants soient-ils, ne nous éclairent en rien sur les choix politiques que nous devons faire aujourd’hui. Car quand la maison brûle, peu importe que le pompier qui vient nous sauver ait eu des arrière-arrière-arrière-grands-parents peu recommandables. Ce qui importe, c’est qu’il soit lucide et courageux. Ce qui importe, c’est qu’il ait analysé la situation sans œillères ni tabous, ni interdits idéologiques. Qu’il ait pris la pleine mesure des dangers qui nous guettent. Et qu’il soit prêt, en conséquence, à déployer les moyens nécessaires pour nous éviter la mort. La mort physique, individuelle (par lancer de camion un 14 juillet, rafale de kalach’ en plein happy-hour, ou décapitation en plein concert) ; et, à plus long-terme, la mort de notre civilisation.
Au risque de décevoir le fan-club de Macron, ce n’est pas en nous battant sur Whatsapp et Twitter— même très courageusement — que nous écarterons le danger de mort qui pèse sur nous. Non. C’est en rétablissant des frontières opérantes (pour intercepter non pas des tweets, mais des armes et des hommes) ; en livrant une guerre sans pitié à tous ceux qui rêvent d’un Bataclan-bis ; en expulsant les islamistes étrangers ; et en mettant hors d’état de nuire les islamistes français. Tout le reste n’est que bavardages.

L’heure est grave, les dangers trop pressants : nous n’avons plus le temps de nous laisser égarer dans des débats retardataires. Nous devons rester rivés aux vrais enjeux, et résister aux tentatives de diversion de ceux qui, n’ayant rien à proposer pour affronter les ennemis d’aujourd’hui, cherchent à se faire admirer en combattant les ennemis d’hier. Ceux qui, n’ayant pas de solution, font la morale.
Il faut, une bonne fois pour toutes, tomber le masque de ces escrocs. Comprendre que leur dénonciation bavarde et tapageuse d’une « menace fasciste » est le pendant de leurs non-dits sur la menace islamiste ; qu’ils condamnent héroïquement l’antisémitisme d’Hitler, pour mieux taire l’antisémitisme islamiste ; qu’ils jouent aux résistants d’hier, dans l’espoir de faire oublier qu’ils sont les collabos d’aujourd’hui.

Car les temps ont changé ; la menace également. Le visage du collabo aussi.

Le collabo, aujourd’hui, c’est celui qui, quand on lui dit « islamisme », répond « nazisme » ; celui qui, quand on lui dit « charia », répond « Vichy ».

Le collabo, aujourd’hui, c’est cet esprit dans lequel l’indécence et le gâtisme se donnent inlassablement la réplique pour rester méthodiquement à côté de la plaque ; celui qui, pendant que des attentats islamistes ensanglantent toutes les régions du monde, pendant que défilent devant ses yeux à une cadence de plus en plus infernale les attentats de Paris, de Bruxelles, de Berlin, de Londres, de Saint-Pétersbourg, de Stockholm, glapit que le danger, c’est Marine Le Pen (qui, elle, combat l’islamisme…).

Le collabo, aujourd’hui, c’est celui qui, par son déni de l’horreur et de l’ampleur du danger islamiste, et par sa haine de la seule formation politique qui entend vraiment le combattre, se fait l’idiot utile des islamistes. Leur allié objectif.

Le collabo, c’est celui qui, par suivisme et par peur du qu’en-dira-t-on, refuse obstinément d’admettre le lien entre immigration et islamisme ; celui qui ne s’est jamais demandé d’où venaient les burkinis, les Allah Akbar, les nique la France, les à mort les kouffars et les militaires en patrouille qui agrémentent désormais le quotidien des Français (et qu’aucun Français ne connaissait il y a quarante ans). Celui qui, même devant l’évidence, ne comprend toujours pas le lien qui mène de l’immigration massive au défaut d’assimilation, puis au repli identitaire. Celui qui ne voit vraiment pas le rapport entre l’immigration et les attentats commis par Karim Cheurfi, Adel Kermiche, Mohamed Bouhlel, Larossi Abdala, Salah Abdeslam, Ismaël Omar Mostefaï, Samy Amimour, Foued Mohamed-Aggad, Yassin Salhi, Amedy Coulibaly, les frères Kouachi, Mehdi Nemmouche et Mohamed Merah. Celui qui est donc favorable à la perpétuation des politiques d’immigration qui, année après année, grossissent les rangs de nos ennemis, inexorablement…

Le collabo portera — porte déjà — une lourde responsabilité dans les tragédies qui résulteront  — qui résultent déjà — de ses choix. Lui qui, pour conserver la paix, prône la soumission ; lui qui veut faire passer sa lâcheté pour de la tolérance, et le courage de ceux qui dénoncent nos ennemis pour du racisme, ce trouillard congénital doit savoir que son imposture ne durera pas. Que sa complicité avec les ennemis de la France devient chaque jour plus évidente. Et que ses diversions sur le nazisme, Vichy et Pétain ne tiendront plus longtemps. Pire : elles seront bientôt un motif d’écœurement, et de révolte. Car face à la menace existentielle qui pèse sur nous, de tels détournements d’attention ne sont plus seulement ridicules : ils sont criminels.

mardi 18 avril 2017

Les vrais racistes


 « A quelques uns l’arrogance tient lieu de grandeur, l’inhumanité de fermeté, et la fourberie d’esprit. »
La Bruyère




« Les électeurs de Marine Le Pen sont des demeurés » ; « Les électeurs de Marine Le Pen ont un QI de bigorneau » ; « Les électeurs de Marine Le Pen sont débiles » ; « Les électeurs de Marine Le Pen sont racistes » ; « Les électeurs de Marine Le Pen sont des salopards ».

Moi qui croyais qu’il ne fallait pas stigmatiser. Ni faire d’amalgame.
Moi qui croyais qu’il fallait tordre le cou aux préjugés. En finir avec les clichés d’un autre âge.
Moi qui croyais qu’il fallait être tolérant. Fraternel. Ouvert à la diversité.

J’ai dû mal entendre. Ou mal comprendre. Il faut dire que je suis un de ces 15 à 20 millions de semi-débiles qui envisagent de voter pour Marine Le Pen. Je suis donc trop sommaire pour saisir les subtilités de la fraternité sélective que nos chantres de la Tolérance mettent en œuvre au quotidien, sans même s’en apercevoir. Oui, j’ai beau retourner le concept dans tous les sens, mon cervelet d’abruti ne parvient pas à résoudre cette contradiction : la tolérance à géométrie variable de nos humanistes officiels me semble antinomique. L’exacte antithèse de la tolérance, même. Je suis décidément un être bien basique.

Malgré tout, quand ils sont en forme, mes maigres neurones de raciste obtus et illettré m’autorisent à produire quelques embryons de pensée. J’essaie, alors, d’imaginer le scandale que susciteraient les amabilités déployées contre les électeurs de Marine Le Pen, transposées à d’autres catégories de population. Je sais pas, moi, les hindouistes… Ou les Bretons… Ou, pourquoi pas, les homosexuels. Ou les musulmans, tiens.

Oui, j’essaie de me figurer les réactions médiatiques et politiques si on remplaçait « électeurs de Marine Le Pen » par « homosexuels » ou « musulmans » dans des phrases comme : « Les électeurs de Marine Le Pen ont un QI très en dessous de la moyenne » ; « Les gens peu intelligents sont les plus enclins à devenir électeurs de Marine Le Pen » ; « Les électeurs de Marine Le Pen, c’est la France rabougrie, la France du repli sur soi, la France de la haine » ; « Les électeurs de Marine Le Pen sont recroquevillés sur eux-mêmes » ; « Les électeurs de Marine Le Pen sont nauséabonds » ; « Les électeurs de Marine Le Pen sont des fascistes qui s’ignorent ou s’assument » ; « Les électeurs de Marine Le Pen ne comprennent rien au monde dans lequel nous vivons » ; « Les électeurs de Marine Le Pen adorent qu’on flatte leurs bas instincts ».
Je me dis, déjà, qu’il y aurait peu de chances que des paroles aussi odieuses, aussi attentatoires à la dignité des musulmans (ou des homosexuels, ou des Bretons, ou des hindouistes) parviennent à l’opinion ; la censure s’abattrait à juste titre sur de telles horreurs. Et puis, si des propos aussi ignobles étaient publiés, une nuée d’associations vengeresses fondrait sans attendre sur leurs auteurs, et trouverait dans la justice des relais dociles et impitoyables pour les châtier. Poursuites judiciaires, condamnations exemplaires, lynchage médiatique, mort sociale, etc.

Dans un effort suprême, mes deux neurones de beauf analphabète accouchent alors d’une question : pourquoi une telle indulgence envers les propos qui salissent les électeurs de Marine Le Pen, et une telle intransigeance envers ceux qui diffament d’autres catégories de personnes ? Pourquoi cette indignation sélective ?
De même pourquoi, quand un sympathisant de Marine Le Pen (sur plusieurs dizaines de millions) tweete un message raciste, s’empresse-t-on d’affirmer qu’il est évidemment révélateur, qu’il traduit sans aucun doute possible la pensée des millions de sympathisants de Marine Le Pen, tandis que des appels au meurtre formulés par certains musulmans ou certains rappeurs contre les kouffars, les sales céfrans et autres faces de craie sont occultés et, les rares fois où les médias en parlent, minimisés, et finalement excusés par les deux commandements de la religion progressiste : « Faut pas généraliser » et « Faut pas faire d’amalgame : ce sont des cas isolés, mais la majorité est irréprochable » ? Pourquoi ce fopagénéraliser et ce padamalgam à géométrie variable ? Pourquoi trouve-t-on les excuses les plus farfelues à un Mehdi Meklat — voire à un djihadiste égorgeur —, et aucune à un électeur de Marine Le Pen ?

Devant ce contraste entre l’extrême sévérité déployée contre les dérapages des uns, et l’extrême complaisance consentie pour l’extrême violence des autres, je me dis que la haine et l’intolérance ne sont pas là où on nous les indique. Ni l’esprit moutonnier. Oui, plus j’observe, plus je me dis que les manipulés ne sont pas ceux qu’on croit.

Plus j’observe, plus je me dis que les vrais suiveurs sont ces perroquets des médias qui, depuis trente ans, récitent bien docilement leur catéchisme médiatique, et en tirent leur petite gratification sociale et narcissique. Ces dociles roquets dressés pour japper « La République est en danger ! » dès qu’ils voient apparaître Marine Le Pen, et obtenir en récompense leur petit susucre moral. Leur tout joli brevet de vertu.

Oui, plus j’observe, plus je me dis que c’est le crâne de ces moulins à propagande qui est rempli de préjugés. Que c’est chez eux que l’esprit critique s’est évaporé. Chez eux que les réflexes ont aboli la réflexion.

Ce sont ces moutons qui ne comprennent plus rien au monde dans lequel nous vivons. Ce sont eux qui sont obtus, fermés, sectaires ; eux qui sont réfractaires au changement ; eux qui refusent d’évoluer, et notamment de reconnaître que leurs caricatures des électeurs de Le Pen ne recouvrent plus aucune réalité.

Chez ces Tartuffe en voie de ringardisation avancée, la réflexion s’est arrêtée il y a trente ans : le consensus les dispensait de penser. Depuis, ils n’ont plus observé la France, encore moins analysé les formidables mutations qui s’y sont produites.

Le cerveau engourdi par leur routine de prêt-à-penser, ils se retrouvent désemparés face au retour en force du réel. Ils sentent enfin, quoiqu’encore confusément, que leurs évangiles médiatiques n’ont jamais rien expliqué ; qu’il ne s’y trouve aucun des outils intellectuels et conceptuels nécessaires pour décrypter le monde. Alors ils s’enferrent dans le déni et le rejet. Ils deviennent violents, insultants, haineux. Méprisants.

Le vrai racisme, il est là.
Le vrai racisme, en 2017, c’est le racisme social de ces grands démocrates qui crachent sur un tiers des électeurs. C’est le mépris de classe de ces grands tolérants qui ne tolèrent que leurs sosies. C’est le sectarisme de ces humanistes mondains qui exaltent la diversité, mais explosent de rage à la moindre divergence d’opinion.
Oui, le vrai racisme, en 2017, il est chez ces champions du padamalgam qui traitent de fascistes tous ceux qui ne « pensent » pas comme eux — c’est-à-dire qui n’ont pas l’esprit formaté comme eux.

Le vrai racisme, en 2017, c’est celui de tous ces compatissants de plateaux-télé qui cultivent une ignorance hautaine et obstinée du calvaire que vivent les Français, pour pouvoir mieux les moquer, les insulter, les humilier. Humiliation d’autant plus répugnante qu’elle s’exerce contre des gens qui sont à terre, et souffrent immensément.

Mais ces considérations n’émeuvent guère nos philanthropes de salon. Elles ne parviennent, au mieux, qu’à leur tirer un rictus de mépris. Ces belles âmes, en effet, n’ont que faire de la détresse des victimes non certifiées conformes : leur seul critère de « compassion », c’est le bénéfice narcissique et social qu’ils peuvent tirer de l’exhibition de leur prétendue compassion.

Dans les semaines qui viennent, ils vont donc déverser leur torrent habituel de crachats sur les électeurs de Marine Le Pen. Ces millions de gens qui aspirent simplement à vivre en paix, et à retrouver un peu de sécurité économique, physique et culturelle, ils vont les traiter de fascistes, de racistes, de nauséabonds, de sous-hommes. C’est leur fonctionnement, depuis toujours : résoudre leur vacuité argumentative par le mépris. Compenser leur absence de réflexion par les sarcasmes. Les intimidations à la place des explications. Les ricanements au lieu des arguments.

Nous allons en entendre beaucoup, de ces ricanements, dans les semaines qui viennent. Nous allons en voir, des bataillons de visages grimaçants, constipés, torturés par les ricanements. Ces ricanements nerveux, derrière lesquels percent la hargne et l’ignorance. Ces ricanements crispés, qui sont le masque de leur haine et de leur impuissance. De leur formidable mépris du peuple.